La crise Opioïdes VS Maladies
Le sujet est délicat vu l’augmentation de décès reliés aux opioïdes de
nos jours cependant, il y a des personnes qui ont un réel besoin de la classe de médication
d’opioïdes. Sans elle on devient un corps dans lequel on ne souhaite que sortir,
les deuils se multiplient, l'isolement prend place, l'estime de soi s'effondre,
conjoint et enfants se sentent impuissants et toi... T'as déjà peur au
lendemain...
Je parle en mon nom, mais, je
suis bien consciente que je ne suis pas la seule à vivre cette situation. Tant d
personnes et familles en sont concernées !
Si je remonte vers 2006, je suis
prise de grande fatigue et j'ai quelques douleurs, mon dos a son hérédité et
j'suis pas la fille à me ménager non plus, je l'avoue. Reste que c'est de plus
en plus intense, j'ai de moins en moins d'énergie et après un déduit de Fibromyalgie
par élimination, le médecin de cette période me prescrit Oxycodone courte action 10mg/jour
après avoir essayé le Dilaudid, Codéïne nommez-les alors là, l'Oxycodone est juste parfait et enfin, je recommence à
"performer" (mal faite de même). Comme bien de gens je porte des
dizaines de chapeaux dans mes journées! Bref, je vous dis
que de cette période 2006-2011, ce médecin me traite en augmentant les doses
pour que je sois fonctionnelle et surtout, que ces maux n'affectent pas ma
santé mentale. En 2014 on me confirmera mes plus grands doutes:
Fibromyalgie très agressive et Sclérose en plaques, ces 2 -là sont
Non-Négociables avec mes espoirs ...et s'ajoutent 3 hernies discales
depuis.
Puis je me retrouve sans doc et
.... Crise des Opioïdes qui débute ... J'ai un dossier épais comme ÇA et
rassurée par ma neurologue, je ne me doute pas un seul instant que ma prise en
charge sera rapide vu mon cas. Et puis non, au bout de plus de 3 ans et
toujours sans médecin, je refais une demande et l'hôpital m'apprend que tout ce
qu'il y a dans une requête pour moi c'est...Psychiatrie ?! Je ne vous
embarquerai pas dans toute la saga, parce que oui, pour une personne qui ne
peut fonctionner malgré ses responsabilités, et qui se retrouve sans médecin
connaissant son cas, il s'en passera des consultations et des refus !
De 30 mg/jour, je me retrouve avec 10 mg/ mois ??? Et attention, je dois reconsulter et reconsulter sans arrêt et, là-dessus, on se raconte à chaque fois. Puis y'a 2 ½ ans, un médecin accepte de me suivre, pour les autres, je suis trop "lourde" comme cas. Et enfin l'espoir revient ! Depuis 3 ans je ne peux presque plus marcher, conduire, faire les courses etc, je hurle ces foutues douleurs 24/24 et, je tais tout ce qui se vit en famille. Ça existe des bons timings, mais ce n’est pas pour moi. Dès la première rencontre : « Jamais je ne pourrai avoir le médicament que j'espère retrouver », ça a été clair dès le départ. Alors une énorme ronde d'essais-erreurs a débutée. Du Gabapentin au max, en passant par Elavil, Sertraline et puis Nabilone et Méthadone, ce dernier, c'est moi qui ai pris la décision d'arrêter car très peu d'efficacité, à quoi bon en ingurgiter inutilement ? Mis à part le Nabilone, tout le reste s'est avéré inactif sur moi. Alors, après tout ce temps à prouver que je suis prudente, que je ne cherche pas le "Trip" j'ai pu gagner sa confiance (2 1/2 ans), mais ce n’est pas encore ça, malgré que ce corps est habitué aux opioïdes, je suis ok pour les doses en équivalence, mais... Non... On vient d'enlever 27 mg/jour de Méthadone sur une longue période, donc pour faire l'arrêt total et éviter un sevrage violent, j'aurais du avoir un équivalent minimal mais rien ne sera donné en équivalence pour absorber ce sevrage qui dure depuis 3 mois.
Je viens de passer les derniers mois à être gavée de médication d'essais, c'est donc la 2 ème ronde que je fais pour arriver à la classe qui me convient, même si je lui avait mentionné à notre 1er rendez-vous... No! OK, alors j'ai prêté ce corps à de fortes médications...inutiles...
Déjà anxieuse avant son appel pour suivi, parce que j'avais une alternative qu'on m'offrait depuis 7 ans et qui me faisait peur (j'aime avoir le contrôle de ma tête, oui, j'suis chienneuse !) j'ai eu à peine le temps de prononcer le nom que le même avertissement que celui lors de la 1 ère rencontre, le médecin me dira « OK, mais je ne vais pas plus haut que 10mg/jour » Cette dose est prévue pour les personnes n'ayant jamais pris d'opioïdes, pour moi c'est donc totalement insuffisant et inefficace.
Recherches et discussions depuis...J'dois me débrouiller seule en attendant son prochain appel où je devrai expliquer, non pas par jeu de pouvoir, mais plutôt par instinct de survie, ce que devient mon quotidien, pourquoi, encore une fois c'est la seule médication active pour moi...
Habituée de m'occupée de mon "cas", j'interpelle pharmaciens pour qu'on puisse vérifier ce qui devrait équivaloir à la dose de Méthadone, et puisqu'elle a fait l'ajout d'entredose d'action rapide de Supeudol combiné à l'Oxyneo 10 mg matin et soir, je veux m'assurer de ne pas faire d'excès et me retrouver en surdose. On s'entend pour tout vérifier ça, mais Silence, niet, pas de retour ???!!! Ben voilà ma belle, t'es vraiment née pour avancer seule !
Crise d'opioïdes oblige, je suis convaincue qu'il y a beacucoup dossiers où il sera inscrit:
*** NE PAS faire ajout ou jenesaisquoi ...Depuis des années que je me fie à eux, avec raisons, n'est-ce pas eux qui connaissent le mieux tous les médicaments et leurs interactions ? Logique non ?! Ils ont toujours été très attentionnés à mon dossier et à mon état, souvent avec des appels pour bien m'expliquer etc...
Back to 2016 : auto médication ... J'ai moins de temps de vie devant moi, assurément que je ne les passerai pas avec ce corps jusqu'à la fin ça, c'est moi qui l'ai mis au clair, mes proches sont aussi concernés. L'aide faut s'en passer ici, les proches sont à 1h20 de chez moi, on a enlever de mon dossier après un adaptation de domicile, l'ergo qui s'occupait de moi (?!).
Un débat par entêtement ? Moi, c'est moi qui vis à l'intérieur de ce machin-chouette, qui peine à se laver, s'habiller, à marcher et les repas, c'est on homme maintenant qui doit s'en occuper après ses journées de travail, ainsi que le ménage et tout ce qui concerne la maisonnée.
J'ai toujours été docile et suivi les directives, souvent en sachant très bien l'inaction de beaucoup sur mon corps, dis et renommé un incroyable nombre de fois, les mêmes symptômes, les mêmes effets, à plusieurs et souvent aux même intervenants. Aujourd'hui avec le revers incompris de pharmaciens, je me sens autant humiliée que trahie. Je me sens tagguée junkie, alors que j'ai pour seul but de réduire au maximum le cocktail qu'on m'a fait prendre pour en revenir au minimum.
Ai-je le choix avec cette crise ? Non, j'suis pas accroc, j'en n'ai pas de bon trip, seulement quand mes douleurs se taisent, là je suis totalement sereine. Il y a des personnes qui ont un réel besoin de cette classe de médicaments. Sans elle on devient un corps dans lequel on ne souhaite que sortir, les deuils se multiplient, l'isolement prend place, l'estime de soi s'effondre, conjoint et enfants se sentent impuissants et toi... T'as déjà peur au lendemain...
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